July 4, 2012
Miscellaneous: Don't believe the Fly !

leslievinhsan:

Il paraît que chacun à son « gourou » … le mien s’appelle Virginie Berger. Il ya quelques semaines, j’ai eu le plaisir d’assister à une de ses conférences sur le marketing web et les nouveaux outils de développement.

La première fois que j’ai entendu parler d’elle, c’était il y a un peu…

May 8, 2011
CE SITE EST COMPLEMENT INACTIF = RETROUVEZ MOI SUR MON NOUVEAU SITE

Vous pouvez retrouver la totalité de ce site, et plus de 300 billets mis à jour sur  http://virginieberger.com

February 24, 2011
Attention, l’adresse du site a changé!

Bonjour,

Vous pouvez maintenant retrouver Don’t believe the Hype sur http://virginieberger.com

December 27, 2010
Tout ce que vous pourriez lire sur mon nouveau site cette semaine…

Je vous rappelle sur l’url de mon site a changé. Vous pouvez maintenant retrouver Don’t believe the Hype sur http://virginieberger.com

Alors que que s’est il passé cette semaine sur DBTH? Plein de choses essentielles!

Jalila Levesque nous explique en quoi le booking peut aider un artiste à construire son projet scénique
http://virginieberger.com/2010/12/le-booking-peut-aider-un-artiste-a-construire-son-projet-scenique-jalila-levesque/

Grâce au petit lexique d’Alex Greep sur la radio à l’usage des artistes, éditeurs, producteurs et managers, vous saurez tout tout tout sur ce médium
http://virginieberger.com/2010/12/petit-lexique-de-la-radio-a-l%E2%80%99usage-des-artistes-editeurs-producteurs-et-managers/

Vous vous demandez d’où vient le Direct to fan? Il vient de loin. De très loin. Le rock est même laboratoire du Direct-to-fan depuis plus de 50 ans. 
http://virginieberger.com/2010/12/le-rock-laboratoire-du-direct-to-fan-depuis-plus-de-50-ans/

L’enfer du mash-up, ou “Etre honnête avec les oeuvres, ça a un prix que les zicos indés sans structure ne peuvent pas se payer”
http://virginieberger.com/2010/12/etre-honnete-avec-les-oeuvres-ca-a-un-prix-que-les-zicos-indes-sans-structure-ne-peuvent-pas-se-payer/

On parle beaucoup des concerts en appartement. Il existe aussi des concerts au casque en appartement dans un placard
http://virginieberger.com/2010/12/des-concerts-au-casque-en-appartement-dans-un-placard/

Et enfin, tonton Alex fait la programmation quotidienne de la vidéo de ma home page…..
http://virginieberger.com/2010/12/les-jolies-videos-de-noel-de-tonton-alex/

December 19, 2010
Tout ce que vous pourriez lire sur mon nouveau site…

Je vous rappelle que l’url de mon site a changé. Vous pouvez maintenant me retrouver sur http://virginieberger.com

Si vous ne l’avez pas encore visité, voici tout ce que vous auriez pu y lire cette semaine…Il y a eu en effet plein de choses essentielles cette semaine sur Don’t believe the Hype….

Laurent Teissier de Supergazol vous alerte sur les nouvelles guidelines pour les jeux concours sur Facebook (notamment fanpages)
http://virginieberger.com/2010/12/gaffe-nouvelles-guidelines-pour-les-jeux-concours-sur-facebook-notamment-fanpages/

Seb Farran, manager de NTM, Izia, Etienne de Crécy…nous parle de son métier, sa vision, son avenir dans une interview en deux parties.

“Un artiste n’est pas uniquement un idiot doué d’un talent artistique” (I)
http://virginieberger.com/2010/12/un-artiste-n%E2%80%99est-pas-uniquement-un-idiot-doue-d%E2%80%99un-talent-artistique-seb-farran-manager-de-ntm/

“Nous sommes dans un métier où dès que quelqu’un fait quelque chose, tout le monde est inquiet”(II)
http://virginieberger.com/2010/12/nous-sommes-dans-un-metier-ou-des-que-quelqu%E2%80%99un-fait-quelque-chose-tout-le-monde-est-inquiet-seb-farran-itw-part-2/

Je suis tombée sur Noomiz, sur “Darling and the Coloured Girl”. A savourer…..
http://virginieberger.com/2010/12/and-the-coloured-girls-say-doo-do-doo-do-doo-do-do-doo-lou-reed-1972/

Gauthier Bouly (@gotsky) nous en dit plus sur comment il découvre la musique, sans MySpace. 
http://virginieberger.com/2010/12/myspace-est-mort-ok-mais-ou-va-ton-maintenant-pour-decouvrir-la-musique/

Nous nous sommes lancés avec Gabriel Hallé dans un dossier site web. Nous démarrons par pourquoi le site web, et comment?

Le site web artiste, le pilier de votre stratégie digitale
http://virginieberger.com/2010/12/dossier-site-web-pour-un-artiste-le-pilier-de-votre-strategie-digitale-part1/

Puis comment le construire concrètement? WordPress, design et plugins…
http://virginieberger.com/2010/11/dossier-site-web-artiste-2-comment-le-construire-concretement-wordpress-design-et-plugins/

Et plein de choses à venir la semaine prochaine sur  http://virginieberger.com

November 21, 2010
ATTENTION, L’URL DE CE SITE A CHANGE!

ATTTENTION, remettez bien les url de vos flux RSS à jour, l’url de ce site a changé. 

Vous pouvez désormais me retrouver sur http://virginieberger.com

Pourquoi un “nouveau” Don’t believe the Hype? 

Don’t believe the Hype est un site internet complètement indépendant ayant pour objectif d’aider les artistes à mieux comprendre, évoluer et s’émanciper dans l’environnement musical actuel.  

Pourquoi ce site? Certains entrepreneurs exploitent maintenant différentes technologies afin d’aider les artistes à distribuer leur musique partout et de permettre à tous d’avoir la possibilité d’être découvert et écouté. De plus en plus d’artistes commencent à gagner différemment de l’argent.

Mais la plupart de l’industrie et la plupart des artistes eux-mêmes ne sont pas encore très à l’aise avec l’utilisation des technologies. Et cela les empêche d’être en mesure de les utiliser efficacement et de bénéficier de leur valeur ajoutée.

Ce site se veut donc être une maison dans lequel il suffira de piocher pour avoir les infos. Une véritable boite à outils. Cela pour aider à  comprendre ce nouvel environnement, à l’intégrer, à s’inspirer des autres. Ainsi seront mis en avant entrepreneurs, artistes, structures, mais également fiches pratiques, marketing et exemples concrets. Et puis ce qui est mis en avant est déjà appliqué par les auteurs. Nous ne sommes pas ici sur de l’intellectualisation de la musique. Nous ne nous contentons pas de répéter ce que nous lisons ailleurs. Nous nous l’appliquons. Au quotidien.

Ce site s’adresse à tous ceux qui sont sur le terrain. Qui se posent concrètement des questions, de pourquoi, comment et comment faire.

Vous en saurez beaucoup plus en lisant cet article 

Et retrouvons nous vite sur http://virginieberger.com

November 18, 2010
Tu le voulais, alors le voilà mon site !

Et hop, surprise, vous vous retrouvez sur Tumblr. Non, Tumblr n’est pas mon nouveau site. L’url est tout en bas de l’article….Mais il faut bien que je vous le présente, ce site…

Bon, par où démarrer. Comment présenter ce nouveau site, dire adieu à mon blog, sans tomber dans la caricature ?

Il y a quelques jours, une responsable de label m’a dit: 

« on a vraiment atteint le point Godwin de la musique (appelé plus communément le point « René la Taupe ») avec l’article du MTT sur les types de fans. Non mais là, on a atteint le fond. Mais comment penser qu’on peut segmenter ces fans comme ça. Et comment d’abord on l’a crée comment sa fanbase ? »

Pour être très franche, j’ai posé la question à Bruce Hougton, le patron du Music Think Tank qui me fait la grande joie de me suivre et de regarder ce que je fais. Donc, je l’aime bien Bruce. Je lui ai gentiment demandé de m’envoyer l’auteur pour qu’il me montre comment faire, là, au quotidien, face à un artiste, quand tu es train de la créer ta fan base. Ce à quoi il m’a répondu qu’effectivement, ce n’était pas très concret. Sans compter que bon, je ne veux pas dénoncer, mais la conclusion de cet article ramène à dire qu’il faut définir ses vrais fans et ses fans engagés (les committed et les superfans), théorie que défend Kelly depuis 2008. Donc si c’était pour finir là-dessus…..

Un autre exemple avec l’article sur les « 4 raisons pour lesquelles on télécharge la musique ». Ce à quoi un blogueur américain influent a répondu « pas besoin de 2500 mots pour l’expliquer, en 140 caractères je te le dis, parce qu’on peut ».

Tombe t’on dans une sorte d’intelligentsia de la musique (copyright @Frederic Neff) qui intellectualise la musique ?

La montée en puissance d’Internet n’a pas eu comme seule conséquence le téléchargement à outrance, on assiste à la multiplication des sites consacrés à l’analyse de l’industrie musicale, de conseils aux artistes, de comment « vous pouvez tout faire tout seul, si si vous pouvez »…

La majorité se contente de relayer l’info et de diffuser une opinion prémâchée, sans analyse ou expérience, mais seulement un avis.

Mais quelques uns ont une vraie ligne éditoriale, issue de l’expérience, et de la culture. De la quantité émerge la qualité!  Diffuser l’info, c’est une partie du truc. Mais pour parler de musique, il faut sortir de son bureau, être dans l’œil du cyclone, se cogner des maisons de disques, des labels, des producteurs, des managers, organiser des concerts, avoir des artistes face à soi, et leur expliquer concrètement ce qu’on dit, savoir ce qu’est une promo ou comment on fait un P&L. Savoir comment on fait un disque et combien il coûte. Et mettre en place ce qu’on dit. Et se planter. Et recommencer. Prendre des claques, penser autrement. Agir autrement. Bref, vivre le bordel.

Alors de la quantité naît aussi la qualité. On connait mon admiration pour Valery Bonneau de B comme BoxSons ou Philippe Astor, et mon amitié pour Mr Bidibule, Frederic Neff de Viva Musica et We are Musik, Gabriel Hallé de Teams, ou Marc André Laporte de Donne ta Musique. Ah ben tiens, ce sont mes partenaires !  Et quel est le point commun entre ces gens ? L’expérience. La musique, ils n’en parlent pas, ils sont dedans. Ce qu’ils disent, ils le font. Au quotidien. Ils montrent ce qu’ils ont dans le bide. Ce dont un artiste parle, un label parle, un média parle, ils le comprennent. Ils sont passés par là et ils continuent à passer par là.

En fait, les principales menaces de la musique sont ces nouvelles morales dogmatiques. Celles qui s’offusquent pour un rien et la tue par pratique….On a la morale anti piratage, qui refuse de réfléchir à une évolution, pourtant nécessaire. Cette autre morale venant des logiciels libres, et qui confond technologie et création. La musique n’est pas de la technologie, les artistes ne sont pas des fusibles, on ne peut pas faire évoluer l’industrie de la musique sans prendre en compte qu’à la base, la création est humaine. Et que des gens ont le droit inaliénable d’être rémunéré et protégé pour ce qu’ils font.  Et celle aussi qui dit que quand tu parles business, tu n’aimes pas la musique. Ah oui, et donc vous travaillez par passion hein, uniquement bien sur. Rappelez-moi, qui vous paye ?

Et ces morales sont aussi sûres de leurs faits et aussi intransigeante dans leurs discours que ceux qu’ils disent combattre. Et le meilleur dans tout ça : ils ne sont même pas les créateurs.


Au tout début, quand j’ai pensé à créer mon site, je pensais simplement à un site très simple pour permettre une meilleure navigation et lisibilité de mes articles existants. Et puis j’ai évolué. J’ai fini mon livre, je tourne beaucoup en conférences, ateliers, je donne des cours, je travaille avec des artistes, des labels, des producteurs un peu partout dans le monde et je ne trouvais nulle part des réponses aux questions que je me posais.   J’ai commencé à travailler dessus. Et de réflexion en réflexion, j’en suis arrivée à ça….un site opérationnel, une maison dans laquelle plein de gens viendront parler de leur métier. Parce que c’est quand même ceux qui font ce métier qui en parlent le mieux.

Et puis la musique, ce n’est pas Paris, ce n’est pas le digital, ce n’est pas l’industrie, ce n’est pas Twitter. La musique ne se cantonne pas à ça. C’est plus de 600 labels en France, qui tentent tant que bien que mal de survivre et qui pondent des idées souvent excellentes, ce sont des milliers d’artistes. Et c’est de ça aussi dont je veux parler.

Alors c’est vraiment du do it yourself de moi toute seule avec moi-même mais quand même accompagné. Sylvain Gautier, cofondateur d’Allo Studio m’a fait le site, et Grégoire, le leader de Thot le logo. Le soir. En plus de nos activités respectives. Ça reste à la maison. Et c’est ce que je voulais. Comment donner des conseils aux gens, comment leur dire qu’il faut qu’ils se débrouillent, qu’ils y passent du temps en plus de tout ce qu’ils font, comment comprendre l’angoisse face à la masse de choses à comprendre et à abattre quand on ne l’a pas vécu, quand on ne se l’applique pas à soi même, si on a juste à tendre la main pour le faire. Ce site, il est en plus de tout ce que je fais, et je peux vous dire que je l’ai senti passé. Oh oui.

Je me découvre donc une passion pour wordpress, je plonge dans le code, je farfouille partout (enfin pas trop quand même, sinon, Sylvain ne sera pas bien content). Et j’ai monté exactement les contenus que je voulais comme je voulais.

Alors il ne vous plaira peut-être pas, mais il est home made. Par des gens dont ce n’est pas le métier. Et je vais le gérer toute seule. Bénévole de moi-même. Mais soyons clair,  je ne suis pas un média et je ne fais pas de promo.

De nombreuses personnes m’ont fait l’amitié de se jeter dans le bain avec moi, de répondre à mes questions, sans avoir aucune idée d’où ils allaient atterrir. Et d’autre m’ont fait l’immense amitié de partenarier, sans savoir bien avec quoi ils partenariaient. Ce site sera donc placé sous le très haut parrainage de Gildas Lefeuvre, sous le regard très bienveillant mais néanmoins critique de Philippe Astor, avec des partenaires très privilégiés comme  B comme BoxSons, Donne ta Musique, Girlzinweb, Le Transistor, Monsieur Bidibule , Noomiz, Teams, Ziknation.

A ceux qui se demandent où est Wearemusik, ils ne sont pas loin. On pense même lancer un « Hype we are »..ou un « don’t believe in musik ».

Quant à Net Emergence, il n’est pas loin non plus, je soutiendrai chaque mois sur le site le vainqueur du mois.

Petite précision, ce site n’est PAS en créative commons. Choix réfléchi. Non, parce que bon, comme dit Benjamin Lemaire, les creatives commons, c’était bien avant. Quand il n’y avait personne sur Internet. Maintenant, il faut arrêter de jouer. Je retrouve mon contenu sur plus d’une centaine de blogs alors que mon blog n’est même pas en créative commons. Je l’ai même retrouvé dans des offres de formation payantes ! Et puis les creative commons, c’est beau de se cacher derrière, mais quand on sait que plein de gens associent creative commons à « gratuit je fais ce que je veux avec » faut pas pousser. Mais le coup de grâce m’a été donnée quand j’ai demandé la suppression de 2 articles à un site, articles qui n’étaient plus d’actualité, que l’on m’a envoyé un avocat pour me dire, en résumé, « va te faire foutre, le site est en CC, on fait ce qu’on veut ». Donc non seulement, on piétine allégrement l’aspect relations humaines ainsi que la philosophie des CC mais on explose surtout super allégrement le droit de la propriété intellectuelle, le droit moral, le droit d’auteur et le droit de retrait. Faites ce que je dis mais pas ce que je fais….

Et qu’on ne me dise pas que je demande aux artistes de donner mais que je ne me l’applique pas. Je dis aux artistes de donner de la musique pour se faire connaitre, en streaming comme en téléchargement. Tout mon site est gratuit. C’est du streaming. Je donne mon livre blanc, et là, j’ai choisi, en CC. C’est du téléchargement. Et je l’ai choisi. Je milite pour le choix. Par pour l’obligation.

Et donc, qu’est ce que j’attends de mon site ?….Je n’analyse pas, sinon je stoppe l’activité. Je me brûle les poils, les ailes, mais je continue. C’est ce qui me plait. La meilleure analyse, c’est de regarder ce site fait à la maison, et je suis heureuse. Il existe. Pour l’instant, je fais de la boite à outils, mais j’adore me fixer des règles, pour mieux les transgresser. Je n’ai pas de pression, aucune obligation de résultats, de mises à jour. Je fais ce que je veux, comme ça me plait.

Dans le dernier chapitre des Aventures d’Hucklberry Finn de Mark Twain, Hucklberry fait une déclaration solennelle à son pote Tom Sawyer « We done it. And we done it elegant. Too » (Nous l’avons fait. Et nous l’avons aussi fait avec élégance). Voilà.

Maintenant, ça se passera ici et vous serez tous les bienvenus  http://virginieberger.com

 

October 29, 2010
La différence de revenus entre les artistes indé et les artistes de labels (US)

Petite infographie intéressante, bien qu’un peu facile, sur les différences de revenus entre les artistes indé et les artistes signés en labels aux ETATS UNIS (avec distribution via Tunecore notamment).

D’après ce qu’on m’a dit, les chiffres ne correspondent pas du tout ou c’est carrément ça. Bref, plein d’avis, mais pas vraiment de chiffres clairs. Donc si quelqu’un a des infos précises (je ne suis point spécialiste du sujet distribution américaine), n’hésitez pas à me les faire passer, je publierai au fur et à mesure. J’aimerais bien arriver à proposer des chiffres un peu précis…

 Article d’origine: Hypebot http://www.hypebot.com/hypebot/2010/10/see-how-much-indie-artists-make-vs-label-artists.html#more

Record-label-vs-indie-release

October 28, 2010
Bon, est ce que NiN et Radiohead ont vraiment révolutionné le business de la musique ! (bordel)


 

Vous me lisez, on se connait un peu maintenant, vous savez que mon obsession est de mettre en avant, réfléchir à des business models différents des business models classiques, à savoir « je vends mon CD » . Car vendre son CD, c’est devenu compliqué.

On voit émerger de « nouveaux » business models. On parle de direct to fans (D2F), de direct to fan sales, de pay what you want, de donation….

Le marketing et les ventes grâce au direct-to-fan (aux direct-to-fan sales) ont connu un pic ces dernières années grâce à la combinaison de différents facteurs. Tout d’abord, les technologies permettent maintenant aux artistes de tous niveaux de diffuser et vendre leur musique à leurs fans (public/audience) de manière claire, engageante et engagée, et bon marché. Ensuite, de nombreux artistes en développement ont maintenant fait le choix de ne pas signer avec des maisons de disques pour continuer à utiliser ces canaux alternatifs. D’ailleurs alternatif ne veut pas dire contradictoire. Le direct to fans peut parfaitement être utilisé par des maisons de disques, en coordination avec les artistes. Enfin, certains artistes établis ont choisi de ne pas renouveler leur contrat avec les maisons de disques, réalisant qu’ils avaient le public, la visibilité, la reconnaissance et la notoriété. Ces différentes situations ont grandement bénéficié à l’expansion du direct to fans.

Par pay what you want, on entend « payer ce que vous voulez ». L’artiste laisse sa musique gratuitement sur son site, et laisse le choix à son public de payer s’il le souhaite et du montant qu’il le souhaite. Prise de risque maximum pour un artiste en développement. Avoir une solide fan base est véritablement nécessaire pour se lancer.

Il y a aussi le « crowd funding, », la donation. Votre projet n’est pas développé, et vous faites appel à la générosité du public pour réunir suffisamment de fond pour le lancer. Différent d’un label participatif car les gens donnent sans aucune promesse de retour.

Radiohead reste le symbole le plus emblématique du direct to fans et du pay what you want avec le lancement de l’album “In Rainbows”. Ce qui a été véritablement révolutionnaire ici est la suppression des intermédiaires, le paiement et le téléchargement direct à partir du site et le choix par le fan de ce qu’il voulait payer.


Trent Reznor, l’homme derrière le groupe Nine Inch Nails, a fait de très nombreuses expériences qui démontrent bien comment fonctionne ce modèle du direct to fans. Il en est même devenu le chef de file. Il  explique que pour lui, il n’y avait rien de nouveau dans ce marketing car NIN a toujours été très à l’écoute de ses fans.

 

Il encourage par exemple ses fans à remixer ses titres, ils peuvent utiliser appareil photos et caméras en concert. Ils peuvent également utiliser les contenus vidéo et audio de NIN comme ils le souhaitent, tant qu’ils ne le vendent pas. C’est ainsi qu’ils ont pu monter le projet « This one is on us », un DVD open source qui suivait la tournée de NIN en 2008. Trent Reznor donne sa musique sur son site et vend des coffrets premium à différents prix.  

 

Mais ma véritable question est : Est-ce que Radiohead et NIN ont réellement ouvert la voie vers une (r)évolution de l’industrie musicale avec leurs modèles ?

Après tout, pourquoi inclure un intermédiaire, la major, quand vous pouvez garder tous les profits pour vous-mêmes avec des coûts très réduits ?

Trent Reznor résume ainsi les grandes lignes  du problème, majeur, de l’industrie musicale :

« Le plus grand réveil de ma carrière fut quand j’ai commencé à m’intéresser à mon contrat. « Attend », me suis-je dit, « tu vends des CD pour 18.98$ et tu ne récupères que 80 cents ? et je dois vous rembourser l’argent que vous m’avez prêté pour faire ma musique et ensuite elle vous appartient ?  ».

Alors tout cela est une évidence pour les artistes majeurs, qui ont une fan base loyale et massive, et qui n’a aucun problème à diffuser et partager la musique avec d’autres. Mais l’histoire est très différente pour les artistes en développement…comment faire du direct to fans quand on n’a pas de fanbase, d’infrastructure, de connaissances et compétences. Comment faire payer pour sa musique, si personne ne la connait sa musique ?  Comment ?

Radiohead et NIN ont décidé de supprimer les intermédiaires de leur équation pour aller vendre directement à leurs fans. Dans le passé, la voie traditionnelle consistait à fractionner les bénéfices en plein de petits morceaux  en ne laissant qu’à l’artiste qu’une fraction des profits. Et ils ont raison, pourquoi un groupe installé, suivi, établi, continuerait à faire ça ?

Ce type de modèle est donc véritablement intéressant pour des groupes déjà bien établis car ils ont déjà une taille critique de fanbase. Et il y aura toujours un fan qui sera prêtà payer. Mais la question est, que payera ce « un » pour un album s’il on lui donne la possibilité de l’avoir gratuitement ? Et là, on peut avoir des indications sur le prix  auquel un album devrait être vendu…

Traditionnellement, on trouve des albums à 9,90€  en téléchargement numérique et 12, 90€ à 14,90€ à plus cher en physique. En moyenne, sur la totalité des fans qui ont téléchargé les albums de Radiohead et de NIN (gratuitement et acheté), le prix moyen d’achat était de 4$. On est bien loin des prix des albums vendus de manière traditionnelle.

En extrapolant un peu, est-ce que l’on doit voir cela comme une indication que les prix des albums ne correspondent pas à la demande du marché et de ce qu’un fan de musique perçoit comme le vrai prix d’un album ?

D’après les chiffres communiqués par NIN, 800 000 transactions ont généré 1.6 millions de revenus la première semaine de vente de “Ghosts I-IV”  malgré le fait que l’album était largement disponible sur les sites torrent et les réseaux P2P. Le « In Rainbows » de Radiohead a généré approximativement 6 millions de $ de revenus avec 1, 200 000 téléchargements.  

Dans ces deux cas, la plupart des fans ont choisi de ne PAS payer. Mais du point de vue du groupe, on est dans une situation gagnant/gagnant. En échange du téléchargement gratuit de l’album, le groupe obtient des informations vitales sur leur fanbase : email, localisation…ce qui veut dire un moyen de communiquer directement avec ses fans. Le groupe possède ainsi sa propre liste d’emails, et peut ensuite l’utiliser pour vendre des choses pour lesquelles les fans seraient prêts à payer. C’est pourquoi donner des choses gratuitement crée réellement de la valeur, pour vous. En plus, vous attirez l’attention. Mais attention, pour attirer l’attention et donner envie, il faut donner véritablement quelque chose qui ait de la valeur.

La beauté du « gratuit » a surtout donc à voir aves les informations personnelles des utilisateurs.

Maintenant, est-ce que les groupes en développement peuvent utiliser ces modèles de direct to fans et de pay what you want ?

Alors tout d’abord, tout dépend de votre stade de développement, et de votre public. En début de développement, sans fanbase, ces modèles ne sont pas efficaces. Car votre objectif doit d’abord être de créer votre fanbase (ce qui fera l’objet d’un prochain article : « comment partir de rien  même s’il y a toujours quelquechose? »). Idem pour le modèle de la donation. Les artistes financés sont souvent les artistes qui sont les plus actifs sur le site de donation (contenus, forums, etc..).

Pour vendre, il faut avoir créé « l’adhésion ». Donc avoir touché une masse critique de gens, qui diffuseront votre musique de votre part. Et avant de vendre, il faut donner…Ce qu’à fait John Mayer est un bon exemple. Au départ, il a décidé de distribuer toute sa musique sur les réseaux P2P de partage de fichiers gratuitement. Il a été remarqué, téléchargé, partagé et diffusé. Mais il a également beaucoup beaucoup travaillé. Sa musique, ses tournées..

Concernant les groupes en stade de développement plus avancé, avec une fanbase conséquente, le direct to fans, comme le pay what you want peut être véritablement intéressant. Encore plus intéressant si vous vous adressez à une niche.

Je prends souvent l’exemple de Misteur Valaire, mais il est assez parlant. 1er album planté, ils décident alors de faire leur deuxième album en étant très actif sur Internet, en laissant toutes les pistes de leurs titres, en partageant leur quotidien, en postant vidéos, photos, etc….ils commencent à avoir une fanbase conséquente, un bon retour critique et un bon réseau de fans. Ventes faibles, distributeur moyen.

Pour le 3e album, ils décident alors de demander à leurs fans de les aider à le produire car ils ne pouvaient plus investir, et ils décident également de le distribuer gratuitement sur leur site. Pas par volonté de prouver quelque chose, mais parce qu’ils n’avaient pas le choix. Entre temps, et après 6 ans de travail, de tournées partout où ils pouvaient, un label décide de les héberger, et leur souffle l’idée du pay what you want (« Nous on veut bien qu’il soit distribué gratuitement sur le site, mais obtenez alors l’adhésion de vos fans »). Résultat : sur 100% des albums distribués par Misteur Valaire, 70% sont vendus.


D’ailleurs élément étonnant, le prix moyen sur la totalité des albums téléchargés est de 4$, comme NIN et Radiohead. Et de 11$, sur la totalité des albums qui ont été téléchargés en payant.

Ils vendent aussi du physique en magasins et du digital sur Itunes, Amazon, Archambault (6e au top au Québec, 40 000 albums vendus). Mais tout ça après  6 ans de travail, de développement artistique, de live, de développement de la fanbase….

Et puis Misteur Valaire est un groupe québécois. Pays ou la tradition du piratage est bien moindre….

 « What happens with Radiohead stays with Radiohead »

Et c’est à ça que je veux vous amener. NIN et Radiohead sont de formidables cas à étudier, mais comme des autopsies, pas comme des cas pratiques à copier littéralement…j’aurais envie de dire « What happens with Radiohead stays with Radiohead ». Le groupe tourne depuis 17 ou 18 ans, encore plus pour Trent Reznor, le leader de NIN. Ils ont démarré comme tout le monde avec rien, ont travaillé, crée, tourné, construit une fanbase. Oui, alors installé, ils ont provoqué des électrochocs, montré que d’autres modèles étaient possibles. Mais soyons clair, Ils ont d’abord révolutionné leur propre modèle.

D’ailleurs Brian Message, le manager de Radiohead est très clair là-dessus et le répète régulièrement. Leur modèle est un modèle adapté à leur groupe, mais certainement pas à tout le monde. Et il ne supporte pas qu’on les prenne en exemple. Comme il le dit « chacun doit trouver son propre modèle, adapté à sa propre évolution ».

Aujourd’hui, il y a beaucoup trop de bruit pour que l’on puisse prêter attention à tous les artistes. Tout le monde veut être entendu, tout le monde veut vendre.

La clé du succès est de vous faire remarquer et de distribuer votre musique en utilisant des moyens novateurs de distribution et de commercialisation et en éliminant les restrictions.

Mais ne faites pas passer le « comment » avant le « pourquoi ».

Ne passez pas plus de temps sur les outils que sur votre stratégie. Posez-vous les bonnes questions. Le direct to fans, d’accord, mais êtes vous prêt ? Avez-vous le contenu ? La fanbase ? Le merch ? La possibilité ? Savez vous comment définir des packages ?  Savez-vous comment vous adresser à vos fans ? Qui fera le suivi derrière les achats ? Et puis vous n’êtes peut être pas non plus un artiste entrepreneur, alors qui vous entoure ?

Idem pour le pay what you want. Peut-être êtes-vous à un stade où il suffit seulement de donner votre musique gratuitement afin de construire déjà votre fanbase avant de vouloir en plus, proposer à des gens qui ne vous connaissent pas d’acheter?

De nombreux outils existent, très facile à utiliser. Mais il faut aussi savoir pourquoi vous les utilisez. L’outil ne doit pas passer avant le contenu. Et c’est un peu le sentiment que j’ai en ce moment. On parle beaucoup des outils, du comment, mais pas du pourquoi. Vous devez savoir pourquoi vous allez vendre, si vraiment cela est important pour vous à votre stade de développement, à qui, et quoi…

Ne vous trompez pas, je suis persuadée que le Direct To Fans (ou label to fans, ou label to consumer) est un modèle viable et primordial. C’est vraiment pour moi le modèle de l’avenir. Mais mal utilisé, ou utilisé trop en amont, il ne marchera pas. Et ça serait dommage.

Nous sommes en train de développer de nouveaux business models. NIN et Radiohead ont ouvert la voie, à nous maintenant de nous en servir pour créer notre propre business model. 

October 18, 2010
Industries créatives et promotion en ligne: Quels outils pour la musique?

Premier événement de l’Atelier Français le jeudi 21 octobre à 18H15 sur les outils web marketing pour la musique. 

Le débat sera animé par Alban Martin, j’y interviendrai en introduction pour présenter l’état du marché, ses évolutions, l’évolution du comportement des consommateurs et des outils.

Antoine El Iman (Noomiz), Jeff Marois (MXP4) et Franz Tournadour (Playlive) prendront ensuite la parole.   

                  INVITATION

L’Atelier Français est heureux de vous convier à son premier événement :

INDUSTRIES CRÉATIVES ET PROMOTION EN LIGNE : QUELS OUTILS POUR LA MUSIQUE?

Jeudi 21 octobre à 18h15

A l’Ensci, 48 rue Saint-Sabin Paris 11

Metro Bréguet-Sabin ou Chemin Vert

Personnalités issues du secteur de la musique, du cinéma, de la mode, du design, de l’édition et des entreprises du numérique, vous êtes les bienvenues!

Inscription obligatoire en suivant ce lien http://meetup.com/u/2MsX

L’évènement sera retransmis en direct sur le site www.agoroom.com

Au programme:

18h15 : introduction par l’équipe de l’Atelier Français
18h30 : présentations

 - Virginie Berger, fondatrice de Don’t Believe The Hype, stratégiste, manager et auteur d’un livre à paraître sur les stratégies digitales musicales à l’Irma.

 Antoine El Iman, co-fondateur de la société Noomiz.

 Franz Tournadour, fondateur de la société Playlive.

 Jeff Marois, vice président Business Development de la société MXP4.

 Magali Clapier, responsable numérique au Bureau Export de la Musique Française.

 Les discussions seront animées par Alban Martin, co-fondateur du Social Media Club.

 

20h : échanges, réseautage, discussions libres, recherches de partenaires autour d’un verre

 Plus d’informations sur l’événement : http://atelierfrancais.wordpress.com

 Les participants sont invités à twitter durant l’événement avec le hashtag #atfr

 L’Atelier Français est un projet de l’association Diversités, soutenu par le Ministère des Affaires Etrangères. L’événement du 21 octobre est organisé en partenariat avec le BureauExport de la Musique française.