October 14, 2010
Misteur Valaire et son expérience du pay what you want: 8 albums sur 12 achetés

Guillaume Deziel, le manager des Misteur Valaire, a écrit ce petit article sur son blog, accompagné d’un joli graphique pour faire un point sur leur résultat de leur utilisation du pay what you want. Il m’a gentiment autorisé à le re-publier sur mon blog. 

J’avais déjà écrit un article sur ce blog sur les Misteur Valaire, ces guérilleros sur Pay what you want . Ils se définissent eux mêmes comme un groupe électro pop qui donne sa musique. Ils sont beau, bons et barrés. 

En effet, Misteur Valaire donne sa musique en “payer ce que vous voulez” ou pay what you want”. C’est à dire qu’ils autorisent le téléchargement de leur album sur leur site en contrepartie de ce que vous voulez. De rien à beaucoup. Et laisser leur album en téléchargement gratuit sur leur site ne les empêche ni de vendre en digital ni en physique.  

Petit exercice de transparence très éclairant de Guillaume (PS: Guillaume étant québécois, quelques expressions peuvent vous sembler différentes): 

Depuis le 18 mai 2010, soit près de 5 mois après son lancement, l’album Golden Bombay de Misteur Valaire indique une demande d’environ 15 000 copies.

Pour aider ma tante (qui a horreur des chiffres) à comprendre de quelle manière la musique de MV est consommée, j’ai pensé vous illustrer ce qui se passe généralement avec 12 albums de MV :

  • 5 albums physiques (CD, Vinyle) sont achetés en magasin ou en concert;
  • 1 album numérique est acheté sur iTunes;
  • 4 albums numériques sont téléchargés sur le site de MV, au prix populaire de 0$;
  • 2 albums numériques font l’objet d’un téléchargement accompagné d’une somme choisie par le fan, généralement 7,07$ (en moyenne).

Voici donc un petit tableau pour les visuels :

Règle générale, les ventes mondiales de disques physiques ont chuté de plus de 50% depuis 10 ans. Depuis, les ventes numériques tardent à rattraper cette perte et elles ne représentent que 20% de compensation. Force est d’admettre que 30% de la consommation de musique se fait ailleurs, dans des endroits insoupçonnés du Web, entre autre.

Chez Misteur Valaire, 4 fans sur 12 préfèrent ne pas payer pour leur musique, soit 33,3% de la demande de MV.  Rien n’est très scientifique ici comme réflexion… Mais on dirait qu’il y a une constante; autour de 30% des gens ne consomment désormais plus la musique en y associant une transaction payante

Bon, ces chiffres sont les chiffres de Misteur Valaire, appliqués à la seule expérience de Misteur Valaire. Mails il est très interessant de constater que 70% des gens consomment du Misteur Valaire même lorsque leur musique est donnée gratuitement. 

Et n’hésitez pas à aller voir le nouveau clip de Misteur Valaire “Mojo Ego” 

Leur videoclip sphérique


October 5, 2010
En vérité je vous le dis, la long tail est vraiment une bitch….

J’étais aujourd’hui en rendez-vous avec des gens très intelligents du CNRS et de l’IRCAM. J’ai en effet la grande chance de m’être associée avec ces deux entités dans un consortium pour lancer un projet sur l’innovation musicale dans le cadre du grand emprunt. Tout plein d’innovation.  

Bref, en discutant avec des gens de l’IRCAM, on en vient à parler de la “théorie” de la long tail, des millions d’artistes et des milliards de contenus sur internet, et de la difficulté, de l’impossibilité pour les artistes d’être écoutés et pour nous de même savoir qu’ils existent…

L’IRCAM m’a alors sorti des statistiques: au choix, effarantes, bluffantes, étonnantes, flippantes?

- Si on fait écouter à un homme de la musique durant TOUTE sa vie, pendant 100 ans (oui il vit vieux) de son premier jour de naissance jusqu’à sa mort, toutes les secondes de sa vie, cet homme entendra 4 millions de titres de 3 mn 30. 

- Il y a 75 millions de titres déposés à la Sacem (et combien non déposés?)…et seuls 2000 membres touchent des droits équivalents à un smic mensuel…

Dans une vie moyenne, un homme normalement constitué entend 300 000 titres, de son plein gré, ou non (la musique que vous entendez dans un ascenseur, un magasin, un taxi compte…).

La moyenne nationale française est de 50 000 titres…. 

Je n’ai pas particulièrement d’analyses à faire de ces chiffres, j’étais simplement prise par le vertige de ceux ci. Par le fossé entre ce qui existe et ce qu’on entend. Ce n’est pas une révélation, on en parle souvent, le débat est classique, mais toujours sans réponse…

August 23, 2010
“I want to make Pop Music that my heavy metal friends will listen to” (Lady Gaga)

Lady Gaga par les chiffres: Analyse de son monde par les statistiques (pas si statistique)…De 40$ le prix d’un t-Shirt de sa tournée à 18,1 millions de singles vendus en digital…. 

Infographie initialement publiée sur le LA Times http://latimesblogs.latimes.com/music_blog/2010/08/lady-gaga-by-the-numbers.html

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July 16, 2010
Misteur Valaire, ces guerilleros du Pay What You Want

Sur mon blog, je traite de culture, de business, et du marketing de la musique. En mettant en avant artistes et entrepreneurs qui construisent cette nouvelle économie. 

Je ne pouvais donc pas passer à côté de Misteur Valaire. Ce groupe électro-pop-jazz-rock-hip hop québécois détonne non seulement par sa musique, mais également par son militantisme en faveur de la diffusion libre de leur musique.

Misteur Valaire est convaincu que la musique doit être diffusée librement afin de toucher un maximum de personnes partout dans le monde.

Le groupe propose aussi aux utilisateurs de sa musique une licence Creative Commons, permettant de remixer sa musique sans exploitation commerciale possible.

Comme pour son précédent album « Friterday Night » (téléchargé gratuitement par près de 50 000 personnes), le groupe a décidé d’offrir son dernier album « Golden Bomba » en téléchargement gratuit et/ ou en « pay what you want ».  Golden Bombay a déjà pu être réalisé en grande partie grâce au soutien des fans qui avaient acheté l’album en prévente six mois avant sa sortie.

Une semaine après sa sortie, Golden Bombay se positionnait au 3e rang des ventes au Québec et au 22e rang au Canada. Leur single « Ave Mucho », a aussi pu se hisser dans le haut des palmarès radios.

Depuis le 18 mai 2010, date de la sortie de l’album, il s’est écoulé environ 4000 copies en ligne avec un prix moyen d’achat choisi à 7, 37$ (prix proposés allant de 10 cents à 35 dollars canadiens).

Simultanément,  Misteur Valaire a vendu 3995 copies chez les détaillants (3176 copies physiques et 819 copies numériques au Canada seulement, ventes Soundscan entre 12,99 $ et 14,99$), générant plus de 33 150$ en revenus.

Pour chaque copie numérique donnée/vendue sur sa propre plate-forme (en mode «Pay What You Want»), Misteur Valaire en vend autant en magasins .

Misteur Valaire soigne particulièrement sa proximité avec ses 40 000 fans. Le groupe communique directement avec eux via son site, blog, réseaux sociaux et newsletter avec des résultats plutôt parlants :

20 000 abonnés à la newletter

8 500 fans Facebook

250 000 écoutes sur Myspace

- Des fans et des téléchargements dans plus de 50 pays

De plus, le groupe fait le choix de la transparence totale sur son modèle économique et communique régulièrement sur ses chiffres concernant les écoulements gratuits, les ventes sur le blog de leur manager, Guillaume  Deziel.

Mais alors, quel est le business model de Mister Valaire ? Il n’est pas bâti sur la vente de musique, mais sur les produits dérivés,  la synchronisation, les spectacles, la ligne de vêtements et autres accessoires liés à l’image du groupe.

Parce que chaque musique a sa propre valeur. Et que la musique n’a pas toujours besoin de l’industrie.