October 18, 2010

Thot, “Moved Hills” et “Spellbound Fields”, live at Belvédère, 15-10-2010

In Thot I Believe….

October 14, 2010
Misteur Valaire et son expérience du pay what you want: 8 albums sur 12 achetés

Guillaume Deziel, le manager des Misteur Valaire, a écrit ce petit article sur son blog, accompagné d’un joli graphique pour faire un point sur leur résultat de leur utilisation du pay what you want. Il m’a gentiment autorisé à le re-publier sur mon blog. 

J’avais déjà écrit un article sur ce blog sur les Misteur Valaire, ces guérilleros sur Pay what you want . Ils se définissent eux mêmes comme un groupe électro pop qui donne sa musique. Ils sont beau, bons et barrés. 

En effet, Misteur Valaire donne sa musique en “payer ce que vous voulez” ou pay what you want”. C’est à dire qu’ils autorisent le téléchargement de leur album sur leur site en contrepartie de ce que vous voulez. De rien à beaucoup. Et laisser leur album en téléchargement gratuit sur leur site ne les empêche ni de vendre en digital ni en physique.  

Petit exercice de transparence très éclairant de Guillaume (PS: Guillaume étant québécois, quelques expressions peuvent vous sembler différentes): 

Depuis le 18 mai 2010, soit près de 5 mois après son lancement, l’album Golden Bombay de Misteur Valaire indique une demande d’environ 15 000 copies.

Pour aider ma tante (qui a horreur des chiffres) à comprendre de quelle manière la musique de MV est consommée, j’ai pensé vous illustrer ce qui se passe généralement avec 12 albums de MV :

  • 5 albums physiques (CD, Vinyle) sont achetés en magasin ou en concert;
  • 1 album numérique est acheté sur iTunes;
  • 4 albums numériques sont téléchargés sur le site de MV, au prix populaire de 0$;
  • 2 albums numériques font l’objet d’un téléchargement accompagné d’une somme choisie par le fan, généralement 7,07$ (en moyenne).

Voici donc un petit tableau pour les visuels :

Règle générale, les ventes mondiales de disques physiques ont chuté de plus de 50% depuis 10 ans. Depuis, les ventes numériques tardent à rattraper cette perte et elles ne représentent que 20% de compensation. Force est d’admettre que 30% de la consommation de musique se fait ailleurs, dans des endroits insoupçonnés du Web, entre autre.

Chez Misteur Valaire, 4 fans sur 12 préfèrent ne pas payer pour leur musique, soit 33,3% de la demande de MV.  Rien n’est très scientifique ici comme réflexion… Mais on dirait qu’il y a une constante; autour de 30% des gens ne consomment désormais plus la musique en y associant une transaction payante

Bon, ces chiffres sont les chiffres de Misteur Valaire, appliqués à la seule expérience de Misteur Valaire. Mails il est très interessant de constater que 70% des gens consomment du Misteur Valaire même lorsque leur musique est donnée gratuitement. 

Et n’hésitez pas à aller voir le nouveau clip de Misteur Valaire “Mojo Ego” 

Leur videoclip sphérique


September 13, 2010
Thot: Un groupe, un homme, un son pas consensuel

Thot est un grand. Vraiment grand. Mais difficile pour moi d’être objective car je manage ce groupe. Coup de cœur musical, professionnel et amical. Thot et moi, Grégoire le leader et moi, on est taillé pareil. Pas de compromission, pas de concession, indépendance et contrôle de nos projets de bout en bout.

 

Thot, c’est un son pas consensuel, ça part un peu dans tous les sens car c’est explosif. Comme nous quoi !

 

Thot: Découvrez la Vegetal Noise Music

Thot compose des morceaux aux accents post industriel avec talent. Il est aussi un groupe qui a fait le pari d’une stratégie centrée sur ses fans et en dehors des circuits traditionnels de l’industrie musicale. Découvrez son interview et une vidéo de la reprise tonitruante du morceau de Justice Waters of Nazareth.

 

Qui est derrière Thot? 

Je m’appelle Grégoire Fray, je suis Français et je réside à Bruxelles depuis 10 ans. Je suis le leader du groupe Thot dont je suis le chanteur, guitariste, claviériste mais également compositeur, parolier, directeur artistique et producteur.


 

Énergie maximum, électricité, ambiances aériennes,  images envoûtantes, le gain à 12.

Tu qualifies le style de Thot de “Vegetal Noise Music”: qu’est ce que ça veut dire? 

 Le style de Thot se situe entre rock industriel oupost industriel, musique électronique, rock’n’rollmais aussi ambiant ou acoustique. Mais c’est sous l’étiquette originale de “Vegetal Noise Music” que je préfère présenter le projet. Ce terme résume également l’univers très personnel, à la fois végétal et poétique, dans lequel les protagonistes sont des chardons électriques, des collines silencieuses ou encore des éoliennes bavardes.

Je développe ainsi (en collaboration avec un ami graphiste, Sébastien Bontemps, aka Truc.Graphic et notre vidéaste live, Arielle Moens) une identité visuelle très forte, que ce soit par le biais des artworks  des sorties, les clips ou projections live. Sur scène justement, Thot est composé de 4 musiciens (Gil, Hugues, Julien et moi) et donc, d’une VJ (attention, pas DJ!!!), Arielle.

Énergie maximum, électricité, ambiances aériennes,  images envoûtantes, le gain à 12. Ça va vite et ça va fort dans les émotions. Pas de concessions.

Où vas-tu ? 

J’ai arrêté de courir après une maison de disque

Pas de concessions non plus vis-à-vis de la musique, des textes, de la démarche sonore, du discours et des choix stratégiques concernant le nouvel album prévu pour la fin 2010. Soutenu par l’agence de com’ Domino Media, j’ai décidé d’arrêter de courir après une maison de disque et de continuer à croire qu’on ne peut pas exister en tant que musicien si on ne fait pas partie d’un circuit officiel. C’est un choix qui découle d’une envie et du constat que la musique de Thot n’intéressait aucun label lorsque j’ai fait les démarches officielles.

Une communauté de fans: Les Vegetal Noise Lovers

L’avenir apportera peut-être de bonnes nouvelles, mais d’ici là, ce qui est important pour moi, c’est de partager l’univers de Thot avec une communauté de fans toujours grandissante, et avec un public plus large : par le biais des sorties des singles qui vont conduire à la sortie de l’album mais aussi via les concerts. J’en tire une grande liberté de mouvement et les retours, qu’ils soient des fans ou des médias qui nous soutiennent (blogs, webzines, radios) me confortent dans l’idée que la stratégie est pour l’instant la bonne, adaptée à nos besoins et capacités.

Un partage sans contrainte de la musique

Une stratégie basée sur le “direct to fan” (je m’appuie sur ma communauté de fans pour faire découvrir et diffuser ma musique), sur les réseaux sociaux, sur l’interactivité et les rencontres autours de l’univers musique et visuel de Thot. Un partage sans contraintes de la musique, et une réelle revendication du pouvoir des fans quant à sa diffusion. Loin de vouloir leur demander ce qu’ils aimeraient entendre,  mais les inviter à se créer leur propre histoire avec la matière sonore qui est distillée au grée des singles.

Ce n’est pas un manifeste universel, ce sont mes propres choix et mes propres envies. Je les applique autant à la musique qu’a ma vie personnelle.

Retrouvez le groupe sur :

http://www.thotweb.net
http://www.facebook.com/thotmusic
http://www.twittter.com/thotmusic
http://thot.bandcamp.com
http://www.myspace.com/thot

July 16, 2010
Misteur Valaire, ces guerilleros du Pay What You Want

Sur mon blog, je traite de culture, de business, et du marketing de la musique. En mettant en avant artistes et entrepreneurs qui construisent cette nouvelle économie. 

Je ne pouvais donc pas passer à côté de Misteur Valaire. Ce groupe électro-pop-jazz-rock-hip hop québécois détonne non seulement par sa musique, mais également par son militantisme en faveur de la diffusion libre de leur musique.

Misteur Valaire est convaincu que la musique doit être diffusée librement afin de toucher un maximum de personnes partout dans le monde.

Le groupe propose aussi aux utilisateurs de sa musique une licence Creative Commons, permettant de remixer sa musique sans exploitation commerciale possible.

Comme pour son précédent album « Friterday Night » (téléchargé gratuitement par près de 50 000 personnes), le groupe a décidé d’offrir son dernier album « Golden Bomba » en téléchargement gratuit et/ ou en « pay what you want ».  Golden Bombay a déjà pu être réalisé en grande partie grâce au soutien des fans qui avaient acheté l’album en prévente six mois avant sa sortie.

Une semaine après sa sortie, Golden Bombay se positionnait au 3e rang des ventes au Québec et au 22e rang au Canada. Leur single « Ave Mucho », a aussi pu se hisser dans le haut des palmarès radios.

Depuis le 18 mai 2010, date de la sortie de l’album, il s’est écoulé environ 4000 copies en ligne avec un prix moyen d’achat choisi à 7, 37$ (prix proposés allant de 10 cents à 35 dollars canadiens).

Simultanément,  Misteur Valaire a vendu 3995 copies chez les détaillants (3176 copies physiques et 819 copies numériques au Canada seulement, ventes Soundscan entre 12,99 $ et 14,99$), générant plus de 33 150$ en revenus.

Pour chaque copie numérique donnée/vendue sur sa propre plate-forme (en mode «Pay What You Want»), Misteur Valaire en vend autant en magasins .

Misteur Valaire soigne particulièrement sa proximité avec ses 40 000 fans. Le groupe communique directement avec eux via son site, blog, réseaux sociaux et newsletter avec des résultats plutôt parlants :

20 000 abonnés à la newletter

8 500 fans Facebook

250 000 écoutes sur Myspace

- Des fans et des téléchargements dans plus de 50 pays

De plus, le groupe fait le choix de la transparence totale sur son modèle économique et communique régulièrement sur ses chiffres concernant les écoulements gratuits, les ventes sur le blog de leur manager, Guillaume  Deziel.

Mais alors, quel est le business model de Mister Valaire ? Il n’est pas bâti sur la vente de musique, mais sur les produits dérivés,  la synchronisation, les spectacles, la ligne de vêtements et autres accessoires liés à l’image du groupe.

Parce que chaque musique a sa propre valeur. Et que la musique n’a pas toujours besoin de l’industrie.